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Mahdaoui ABDERRAOUF

Elles.


Il y a celles qui sont adorables
Et celles qu’on aime plus que beaucoup.
Il y a celles qui sont désirables
Et celles qu’on baise pour tirer son coup.
Il y a celles sur lesquelles on jette son dévolu
Et celles dont on n’aurait jamais voulu.
Il y a celles qu’on épouse une certaine nuit
Et celles qu’on quitte par un beau jour.
Il y a celles qui intéressent toujours
Et celles qui s’appellent ennui.
Il y a celles qu’on a eues
Et celles qu’on n’a pas retenues.
Il y a celles dont on ne peut plus se séparer
Et celles dont on s’est encombré.
Il y a celles qu’on est fier de dénombrer
Et celles qui ne cessent de se préparer.
Il y a celles à la beauté angélique
Et celles aux machinations diaboliques.
Il y a celles aux amours idylliques.
Et celles aux mœurs psychédéliques.
Il y a celles qui savent prévoir
Et celles qui se font avoir.
Il y a celles que je n’ai jamais connues
Et celles que j’avais prévenues.
Il y a celles que je n’ai pas soutenues
Et celles dont je me suis encore souvenu.
Il y a celles que j’ai aimées
Et celles que j’ai enjôlées.
Il y a celles que j’ai blâmées
Et celles que j’ai consolées.
Il y a celles que j’ai lues
Et celles qui ne se sont jamais résolues.
Celles que j’ai tant aimées
M’ont tellement donné d’amour,
Et m’ont tellement estimé
Que je révère encore leurs atours.
Je me sens redevable du bonheur
Qu’elles me donnaient pendant des heures,
Lors qu’elles me faisaient généreusement cadeau
Et de leurs cœurs et de leurs seins et de leurs bouches ;
Et de leurs sexes et de leurs cris et de leurs couches,
Tandis que leurs bras étaient les plus légers fardeaux.
Enfin il y a les inaccessibles
Dont l’approche est impossible ;
Celles qui continuent à m’obséder
Parce que j’aimerais tant les posséder.
Je rêve de prendre ne serait ce qu’une seule fois
Leur main dans la mienne un instant.
Elles m’envoûtent avec le cristallin de leur voix.
Je sais, pour elles je suis inexistant,
Mais si elles voulaient s’arrêter, se retourner et m’écouter
Je leur dirais simplement et pour m‘écourter,
Que leurs silhouettes sont désormais
Gravées dans ma mémoire à jamais.