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Yvon HENEL

Fragments — 1

Je ne suis qu’un pantin dont le bois vermoulu
Ne tient que par la grâce d’un vernis qui s’écaille.
La ficelle est cassée qui me faisait mouvoir.
Si je saute c’est le vent, sans que je l’ai voulu,
Qui fait bouger mes pieds et remuer ma taille.
Même le soir couchant ne sait plus m’émouvoir…

J’aurais encore, amis, le douloureux sourire
Qui masque pour un temps le creux au creux du ventre.
Je ne veux plus pleurer mais je ne puis pas rire.
Pardonnez-moi déjà si vous me trouvez, entre
Deux grimaces de pitre, les yeux pleins de buée.
Ce sera loin de vous que je fixerai le vide,
Le néant qui sourd noir même au cœur des nuées.
Je vous épargnerai et ma face livide
Et mon œil noyé et mes sanglots, mes soupirs.
Je vous dirai encore que j’ai vécu le pire.

La faucheuse viendra mais je me languis d’elle.
Je ne me jetterai pas sous sa faux
Mais lorsqu’elle viendra me prendre sous son aile
Mon sourire alors ne sera plus faux.
Les jours aux jours s’ajoutent sans que j’en vois le sens
Et les heures passent interminablement.
J’attends qu’enfin l’heure vienne et je veux la décence
De m’endormir sans un médicament.
J’ai grand’ soif de néant et l’azur m’indiffère,
La vie me pèse horriblement,
Je ne veux pas prêcher des pensées mortifères
Mais si je dis « Espoir », je mens.


2005-06-17T23:22:40 ; Mons en Barœul