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Yves DELEU

Oiseau qui voles

Oiseau qui voles, au bec rouge
Qui te coules dans l’air immobile,
Vers ce lent azimut,
Au long d’un nuage qui s’effrite,
Sans voir même qu’il bouge.

Quel est ton lointain but,
Image que l’on sait facile,
Qui te pousse ainsi de l’aile
Vers ces orientes, l’allure agile,
Dont l’or est l’être et le salut ?

Es-tu guidé, là, vers elle ?
L’eûsses-tu jamais su ?
Que ce levant est ton mythe
Quelque si beau qu’il fût,
Comme le saut d’une gazelle.

Tant, dit-on, que bien trop vite
Notre monde va, et bien qu’elle
Toujours pareille reste,
La terre noire, blanche si belle,
Plus pure que sera la callite.

L’oiseau, aussi leste
Sur le nuage gris qui s’alite
Dans son manteau ouvert
Qu’aurait pu peindre Magritte,
Ne montrant ni cape ni veste.

Ne suis-je le Galant vert
À l’haleine funeste
Ou le grand Soleil
Dont le souvenir reste
En son palais grand ouvert.

Jamais de vermeil
Ce ne sera moi, si cher,
Veuille être comme l’oiseau
Dont l’allure si loin
À nul titre n’est pareil.

Yves DELEU