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Méric GUILLO

A l'horizon

A l'horizon de son cou caressé de lèvres,
Vibre l'envie de ses veines noyées de peau
Et un long corridor dort aux mains des orfèvres,
Où s'écoule un lac aux doigts lents onglés d'eau.

A l'ombre d'une courbe où palpite une friandise,
Soupire une voûte griffonnée d'étranges saveurs.
Là, aux flancs des reins parfumés d'iles marquises,
S'étire une vague en un bruissement de douceur.

Je chavire. Puis dans mes songes maladroits
Ballotés de bleus, s'entremêlent nos cheveux.
A l'aube d'une voilure incendiaire où mes yeux
Se noient, j'aperçois, soudain l'ombre de mes doigts.

Tel un songe soulevé d'histoires vagabondes,
Nos deux corps anéantis de fièvre s'évaporent.
Semblant ne plus être qu'un tas de vies rondes
Aux ballottements flous, jusqu'aux moindres efforts.

Tremblantes, mes lèvres pourchassées d'une douce
Agonie. Nos deux vies se transforment en ilots d'eau
Et je transpire des rires de mots, où repoussent
Les amoures immortelles de nos corps en radeaux.

Virgule nue de tes cils assaillie de transe.
Mon âme a soif de ces langueurs pénétrantes.
Oh! Eau salées des plaines chaudes et des anses,
Nous chavirons en cœur à nos trames errantes.

Que reviennent les vents de nos râles sucrés
De brume, en cette nuit d'écorce rassurante.
Que jamais je ne perde le nord de nos étés.
En toi, nos rives de ces dérives délirantes.

A l'horizon de son cou caressé de lèvres,
Vibre l'envie de ses veines noyées de peau
Et un long corridor dort aux mains des orfèvres,
Où s'écoule un lac aux doigts lents onglés d'eau.