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Junold SAINT-CYR

Cri du coeur



Que d’occasions manquées
Pour un décollage tant souhaité
Un bonheur longtemps refusé
À ce pays fier et martyrisé
Où jadis des hommes braves animés
Par l'amour de la liberté
Avaient osé revendiquer
Devant l’histoire leur humanité
Maintenant le monde rit de nous
Devenus depuis des oiseaux fous
Peuple incapable de s'élever
Est-ce bien cela notre destinée

Depuis déjà trop longtemps
Nous assistons les bras ballants
Le regard plein de fatalité
À la mise à mort de l’union sacrée
Des Noirs et des Mulâtres
Pour l'épopée historique de 1804
Notre visage trop longtemps voilé
Dans une société dépravée
Sans mémoire ni miroir
Pour simplement ne pas voir
L'abîme de nos rancœurs
Et l'immensité de notre laideur

200 000 armes à feu en circulation
Sèment partout la désolation
Le pays des hommes de Vertières
Se transforme en une poudrière
Des bandits psychopathes et sans aveu
Téléguidés par des politiciens véreux
Soufflent sur nos villes un vent mortuaire
Des officiels couvrent leurs arrières
Port-au-Prince est livrée aux hors-la-loi
Les cadavres s'empilent avec effroi

Depuis le temps de Jacques 1er
De qui nous devons notre liberté
Depuis le temps de l’homme d’airain
Nous récitons le même refrain
"La Première République Noire"
La République est plongée dans le désespoir
Depuis la victoire des Vengeurs de la race
Les Nègres libres sont devenus rapaces
La mangeoire qu'est l’État attire les requins
La politique engendre des malandrins
Transforme les bergers en loups
Et le peuple s'enlise dans la boue

Ce pays meurtri en mal développement
Est à nous fils et filles inconscients
De Jean-Jacques Dessalines des bidonvilles
Et d'Alexandre Pétion de Pétion-Ville
Le temps est venu de nous donner la main
Et dialoguer pour des meilleurs lendemains
Sacrifions d’un côté nos suffisances
Et de l’autre nos intransigeances
Servons-nous de la lumière du "konbitisme"
Pour une Haïti pleine d'humanisme
Cultivons l'amour et la fraternité
Ensemble perçons des brèches d'unité
Dans nos murailles de haine
Arrêtons d’être des hyènes
Livrant au monde l'image flétrie
D’une République à l'agonie