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Ed AYMIL

Bégonia

je suis le fils du boucher
j’ai été él’vé aux gobets
c’était la viande à Bégonia
la meilleure qualité extra
si j’voulais aller au ciné
j’fermais les grilles et j’balayais
tous les soirs la même rengaine
en attendant d’toucher ma s’maine
j’ai épluché de la bavette
j’en ai vidé des sales bêtes
des loulépèmes des gros chapons
perce pas l’fiel fais attention
après avoir été dansé
j’faisais des steaks ça comme épais
Bégonia s’en apercevait
mais jamais rien il ne disait
c’était pas l’genre à prendre la plume
mais à travailler à l’enclume
pour me fabriquer une épée
un chariot pour pouvoir jouer
quelques fois il était distrait
sciant un os il regardait
une lam’dé au joli cul
rappelle-toi son pouce fendu
m’prêtait sa tire pour une virée
la grosse avec un marchepied
la trois cent un la vieille peugeot
dés que j’ai eu l’permis auto
il m’a appris l’jargon d’boucher
l’argomuche des bas quartiers
qu’on apprend pas dans les écoles
lobicharesse dans d’la pignole
je l’porte en moi le louchébème
on ne s’est jamais dit je t’aime
on avait bien trop de pudeur
il est laga au fond d’mon cœur
je suis le fils du boucher
j’ai été él’vé aux gobets
c’était la viande à Bégonia
qu’était l’surnom de mon papa