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Célédonio VILLAR GARCIA

Nocturne, les amants de la pluie

Si l’on te demande pourquoi. Si l’on te demande pour qui.
Si le monde te redemande et le monde est n’importe qui.
Comment les violes de gambe en leur hospice de Bicêtre
Entre unijambistes, manchots et le vieillissement de l’être
Faisaient de ma vie une nuit toute pareille à la froideur
En cor d’harmonie éventé par les vagues de l’équateur.
Des yeux fous, immobiles comme une œillade d’une sculpture
Fixaient l’œil du poisson tournant en rond dans sa pisciculture.
Le monde était mon aquarium et l’aquarium mon vase clos,
Un regard d’omble dénoyé à travers l’incassable hublot.
Les tremblements de l’être avec des îles lointaines s’exondent…
Dans la lumière immergée de ces îles, les miens se confondent.
La tripaille de l’existence à la nausée qui fout le camp
Comme le brou ses noix d’octobre… Aux tripes leur mode de Caen.
Comme aux clochettes du muguet le ballant des beaux jours oscille,
Comme l’avril joue de l’hiver dans son beffroi de pacotille.
Comme le long rifle s’enclenche au mot de passe du blogueur
L’infime balle du printemps va du revolver jusqu’au cœur.
L’allégresse au bout du fusil, le chien de fusil en alarme,
Les mains qui joignent leurs efforts finissent par retrouver l’arme.
Le monde sur son piédestal, au zénith de son Stromboli,
M’assurant que près d’elle, même un taudis peut-être joli,
Cimente la première pierre opale d’une jolie môme,
Un lit de trèfles sous le hêtre et deux êtres pour un binôme.
Les vers qui sortent de partout ressortent avec le remords
Une existence emmitouflée sous une bâche de rats morts.
De toute l’envergure d’un plaidoyer au bord de l’esclandre
Aux intarissables échos je répète à qui veut l’entendre :
Mon devenir à la brocante aux augures ne vaut pas cher
Sans les présages de sa main ni son empreinte sur ma chair.
Entre glace et neige fondante elle serait ma vieille vie
Parmi des chaises à bascule une quelconque vieillerie.
Ma tête elle-même serait un tonitruant aquilon
Abasourdi par mille cors sur un édredon de frissons.