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Alexandre VILNET

Comme les vents du soir...

Comme les vents du soir soulèvent les poussières,
Je chemine les rues en ramassant les sons,
J’écoute avec attention ce qu’il y a dans l’air
Ce que disent les murs, les trottoirs et les ponts.

J’apprends des tas de choses qui n’ont pas de sens
Pour qui ne cherche pas à comprendre vraiment;
Je sais tout sur le monde et sur la vie d’errance,
Je sais bien évidemment ce que font les gens.

La Nuit me dit tout haut ce qu’elle a vu la veille;
Sa solitude est telle qu’elle me retient;
Elle fait toujours tout pour tuer mon sommeil,
Si bien que je ne dors que quand vient le Matin.

Pourtant il tente aussi de me garder en vain;
Il me montre le jour qui se lève sur lui,
Le soleil qui éclaire et la vie qui revient
Dans les rues désertées durant toute la nuit.

Mais elle fait bien plus que me montrer tout ça;
Elle me fait ressentir ses propres douleurs;
La tristesse esseulée n’est pas son seul tracas,
Il y a beaucoup de choses qui font qu’elle a peur

Pour l’humain, en voyant les sans-abri voguer
Des journaux à la main, pour les couvrir du froid,
En observant toutes ces femmes divaguer
Le long des trottoirs noirs, cheminant dans l’effroi.

Elle me montre aussi les jeunes hommes pleins
D’alcool et de produits, conçus pour oublier
Le quotidien si sombre, et d’affreux lendemains
Qui reviennent sans cesse depuis tant d’années.

La Nuit me montre tant et le Jour, lui, me cache
Les peurs tellement débiles des gens pressés,
Qui courent sans arrêt pour ne pas qu’on les lâche
Dans des rues oubliées par notre société.

Le jour, le monde est beau puisqu’il est maquillé
Il est paré d’amour de sentiments divers
La nuit, rien n’est semblant mais tout n’est pas faussé
On peut enfin savoir ce qu’est la vie sur terre.