Sang de l'autre n'est pas mon sang...

Sang de l’autre n’est pas mon sang
Mais je veille à le quérir
C’est là ma seule semence

Les liqueurs de vos amours font mourir
Et des enfants périssent à l’autel de vos chairs

Car votre sang est lourd, sombre, inutile
Et la vie si légère
Qu’il faut pour la donner un cœur fin, un corps vil

Lors, je vais épandre le sang brun
Tel un fumier malodorant fait tressaillir la terre
Et je mène le monde à son évanouissement
Aux douleurs premières, viscérales
De l’enfantement.