Les Sept dons du Saint-Esprit: Force (1)

Seigneur donnez-moi la Force

Longtemps j’ai cru que j’étais votre chevalier
Longtemps j’ai cru que j’étais un chevalier dans ce siècle
Et quand je m’approchais de votre sainte table
Je sentais battre à mon côté la longue épée contre la hanche
Et quand je communiais à votre Corps
Je sentais descendre en moi la force
Mes muscles se bandaient mon âme s’apaisait
J’avais la force en moi je la portais comme une custode
Et je sortais ainsi de nos chapelles
Je sortais invincible
Prêt à monter le destrier de mes causes
Prêt à contrer le monde encore et le vaincre

Prêt à remonter les torrents déchaînés
A relever mes épaules sous la tornade de neige
Et traverser les déserts sans boisson inutile
Sans même passer la langue autour de mes lèvres blanchies
A m’avancer sous l’orage et le tonnerre épouvantable
A ne pas m’arrêter descendre chercher refuge
Et m’abriter quand la foudre incendie le chêne à vingt pas

Prêt à percer la nuit noire
A ne pas relever mes épaules quand la pluie froide glisse da
A ne pas sursauter au hurlement soudain de l’ennemi
Et me réveiller tirer l’épée fidèle
A toute heure de la nuit

Hélas

C’était la force de ma jeunesse
Ce n’était pas votre Force
C’était la force de mon âme
C’était mon ardeur c’était mon courage
Et de l’audace oh ! j’en avais pour vingt hommes
Et le désir du combat j’en avais sans besoin de personne

C’était ma force
J’ai conduit avec elle des assauts impossibles
J’ai griffé jusqu’au sang des murailles de granite
J’ai enfoncé des océans qui ne menaient nulle part
Je me suis guidé sous des étoiles éteintes
J’ai traversé des flammes qui ne m’éclairaient pas
C’était la force de mon âme
C’était la force de mon bras
Ce n’était pas votre Force ô mon Dieu

Et maintenant le feu m’a consumé
Et maintenant je suis sourd dans la nuit noire
Mes doigts saignent je ne puis même porter le poids de ma se
Ni le poids de mon épée
Ni le heaume ni le baudrier
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