Le Blason (4)

Grande, ta cuisse lentement descendue
Sur la crête prudente et la peau granuleuse
Ou le satin lissé des pentes étendues
Vers le ravissement des arrivées heureuses

Grande, ta taille élance ton allure
Et promet à mes yeux toutes les séductions
De planes et de courbes, et ta silhouette pure
Enseigne le chef-d’œuvre de la Création

Grande, ton bras, au-dessus de ton corps
Alangui par mon ode aux grâces féminines
Accueille cette gloire et m’enlace à m’enclore
Et me presse à baiser tes lèvres purpurines

Petite, ton pied remue sous la fraîcheur
D’une aube que j’ai cru retenir immobile :
Et le jour a laissé ta nudité fragile
Avérer sur le drap l’objet de ma ferveur

Petite, ton menton rehausse ton visage,
Dessinant un genou pour la bouche et le cou :
Faut-il choisir encore, et causer ton courroux
De m’entendre sans fin chanter mon vasselage ?

Petite, ta bouche où mon ode s’achève
Et les trente-trois normes de canons anciens :
J’ai voulu sous la forme des jeux patriciens
Louer ainsi la couche et les feux de mon Eve.