Ayant appartenu à Mr Henri Beyle

Je m'ennuie.J'ai envie
De quitter cette vitrine
Pour ne pas être à jamais
Dans ce musée,
Un objet sans vie.
Moi la plume inconnue
J'ai écrit tellement de pages !
Plume ayant appartenu
A ce grand homme, ce personnage.
Rêves et chimères qui ont grandi avec lui
Les a-t-il un jour trouvés en la "Douce Italie"
Elle a inspiré sans doute
Le plus beau de ses romans
Mais aussi mis sur sa route
Un amour bien trop brûlant.
Comme au jeu de hasard
Les couleurs de l'amour changent,
Tantôt le rouge ou le noir.

Je m'ennuie dans cette cage
Tous les gens me dévisagent.
J'attends patiemment qu'un nouvel ami
Subrepticement m'emporte d'ici.
Une main pour me conduire,
Un peu d'encre pour écrire.
Je retracerai, pour qui me délivre,
Ce q'il n'a jamais confié dans ses livres.
Certains soirs de grande peine,
De rancoeur, parfois de haine;
Des mots trop violents que le coeur s'écrie
Lorsque la rancoeur bouscule l'esprit.

" Mathilda, Mathilda ", toi qui l'as toujours éconduit,
Ton prénom que de fois l'ai-je écrit...

Moi, la plume en argent sur un socle de feutrine
Je n'ai plus d'âme sans lui

Je m'ennuie dans cette cage
Qui donc aura ce courage
Subrepticement m'emporter d'ici
Me donner sa main pour une autre vie.
Ce n'est bien sûr quand j'y pense
Rien qu'une folle espérance
Car il est certain que ma liberté
Coûterait la sienne à qui oserait.

On veillera sur moi pour des siècles encore.
Puisque je vais rester, figée dans ce décor.
Rappelez-vous longtemps que cette plume est celle
Ayant appartenu à Mr Henri Beyle