Faux semblant   

Paravent de grisaille
Pour mieux cacher la muraille,
Celle de cette tour d’espace
Qui nous protège de la masse.

Visages de papier jaunis,
Où l’on s’abrite loin des soucis,
Derrière un sourire figé
Une pirouette, un pied de nez

Surtout ne rien laisser paraître,
De ses émotions rester le maître.
Faire croire aux regards étrangers
Que dans la vie, nous sommes nés pour gagner.

Mais quand revient le soir,
Et qu’il n'y a plus personne pour voir,
Se perdre dans sa solitude
Comme chaque nuit, comme d’habitude.

Revivre ses cauchemars,
Ceux qui ne sont que des départs,
Ceux de ces amours tant souhaités,
Mais qui eux, nous ont oubliés.

Et puis recommencer chaque jour,
Refermer la porte de notre tour.
S’enfermer dans notre tour d’ivoire
Pour échapper au monde, et ses déboires.

Imaginer à s’en persuader
Que l’on est lui, cet homme bien né.
Afin que les autres puissent nous admirer
Et qui sait, peut-être bien nous envier.

Mais nous savons au fond de nous,
Que nous ne sommes rien sinon des fous,
Et qu’une fois le soir venu
Nous redevenons nous sans voile, tout nu.