Le coeur piétiné...

Petit diablotin
Tiré de tes rêves bleus
Par les soldats aux bottes rougies,
Aux uniformes de haine,
Traînant dans leur sillage
L'odeur putride de l'intolérance,
La violence a déchiré
Tous tes souvenirs heureux,
De ton passé douceur
A ton avenir promesse,
Ne laissant en ton âme cassée
Qu'une maison vide
Aux murs sanguinolents !

Les hommes pourront peut-être
Soigner les blessures de ton corps,
Mais qui pourra à nouveau
Faire sourire tes lèvres scellées,
Effacer de ton regard éteint
Les visions d'horreur
Qui l'emplissent de larmes
Lorsque la nuit tombe
Sur ta solitude ?
Et après l'abominable,
Sauras-tu retrouver
Tes gestes enfantins,
Tes élans de tendresse,
Tes cris de joie,
T'abandonner sans peur
Les yeux brillants de bonheur
A la magie d'un matin de Noël ?

Combien de temps
Faudra-t-il au temps,
Pour gommer le cauchemar
Dans le coeur piétiné
D'un enfant de la guerre ?

(à un petit garçon du Kosovo)