Le réveil des amants

La nuit reçoit du jour
Un flamboyant hommage
À l’heure où les amours
Achèvent leur voyage.

Ta peau accorde un lit
Aux rives de mes mains,
Le merveilleux répit
Qui ouvre le matin.

Aveugle, je me laisse
Blottir dans tes nuages,
Dont la tiédeur épaisse
Me porte et m’encourage.

Mais la clarté entrouvre
La plaie de nos brûlures,
Ces routes qui découvrent
Le choix de nos morsures.

La foi de nos serments
Frémit sous le Soleil
Butine en offensant
L’éveil et le sommeil.

Il faut garder les mots
Au fond de nos yeux clairs
Le son de leurs échos
Déchireraient nos chairs.