Vos
poèmes

Poésie Française : 1 er site français de poésie

Vos<br>poemes
Offrir
ce poème

Roger VIDAL

Je me souviens( 03juin2011)

J’aime quand les étés reviennent
Les cigales qui se souviennent
De la chaleur de ces mois d’août
Ce village aux murs millénaires
Où nous chantions Apollinaire
Léo Ferré que ce fut doux.
Il fallait que notre jeunesse
En vos musiques reconnaisse
L’amour sans la prostitution
Pour que sur un vieux tourne disque
Nous vivions sans le moindre risque
L’écho d’autres révolutions.
Et que nous chantions « Ça ira »
Pour que dans Brest soit Barbara
Renaissant aux mots de Prévert
Pour nous qui ne connaissions guère
Que ce qu’on disait de la guerre
Comme une période gris vert.
Dédou de toi je me souviens
Telle une image me revient
Nos pluies suivies de l’arc en ciel,
Nos projets tombant dans le lac
Lorsque dans un champ de Gaillac
Fut cet avion tombant du ciel.
Nos insouciances et nos fêtes
Nos affectations imparfaites
Et nos nouvelles égéries
Jeanne Moreau en tourbillon
Dansait aux bals de Cendrillon
Sur fond de mort en Algérie.
Et vous mon amour du soleil
Dont les rêves aux miens pareils
Volaient en cœur de midinette
Pour me quitter indifférente
Au delà des vagues mourantes
Avant que Brel pleure Fanette.
Ou sont nos belles ferronnières
Princesses aux mille manières
Que nous aimions un peu beaucoup
Et leurs jupons au bas guipure
Mais qui restaient chastes et pures
Bien qu’on dise « C’est un bon coup ».
Où sont les herbes dans les granges
Où nous mêlions en doux mélanges
Nos baisers romans feuilletons
Et vos poitrines bonnetières
Où fonçait l’aréole altière
Sous la pointe de vos tétons.
Où sont nos corps incendiés
Dans une étreinte ou l’on mendiait
Seulement un peu d’abandon
Et ce bout de tissu tendu
Palpitant sur son fruit fendu
Comme un cadeau de Cupidon.
C’est vous mes chéries que j’évoque
En ces paroles équivoques
Où le sexe fut nos étés
Et s’il m’en reste la brulure
C’est qu’aujourd’hui pour tout conclure
J’ai fait le vœu de vous chanter.