17 Juin trois mille huit   

Figez donc vos instincts dans la nuit minérale
Vos rimes de raison et le sens et le reste,
Qu’il ne m’en soit plus rien ni l’ordre ni le geste
Au vieux dessin usé d’une lente morale
J’ai cru sentir la vie, l’air pur…une bouffée
Et puis le mot est né d’une langue étouffée.

J’émerge d’une fleur au cœur de ton parterre
Où je rejoins l’oiseau que le serpent fascine
Cette glaise est mon bien, ma mère et ma racine,
Ton sexe seulement qui me donne à la terre,
Va tu ne sauras plus ce qu’il nous reste à naître
Ni ce que fut la vie avant de se connaître.

Et on se dira viens, ne prends rien en partant
Pour rejoindre cette ombre à la nuit du solstice
Où les langues de bois dont nous ferons justice
Cesseront d’inventer ce qui est important…
Et ceux qui croient entendre, avons nous besoin d’eux
Pour savoir qu’il n’est rien d’espace entre nous deux.

Oh je sais ils crieront que nous ne savions pas
Et toi tu souriras et moi je sourirai
Comme cet enfant nu qui tout bas nous dirait
Que ce sont les vieux cons qui marchent sur les pas
Des ancêtres fameux de grande élocution
Mais nous nous penserons notre révolution.


(Le 17 juin 2008)