Automne   

Il pleut de l'or dans l'aube rose;
Octobre pleure et puis dépose
La feuille morte et délabrée
Aux flancs des collines voilées.

Sur sa branche, le rossignol
Triste et mourant à son aurore,
Aspire au ciel chaud et déplore,
L'automne et ses rafales folles.

Une langueur suffoque en moi
Comme la brise sur les feuilles.
L'amertume cède à l'émoi,
Les nuages glissent en deuil.

Au loin l'aile de la tourmente,
Chasse les grands oiseaux peinés
Et sous les arbres dépouillés
Le vent vigoureux se lamente.

C'est une mélancolie douce
Qui traverse le long coteau,
C'est une belle étoile rousse
Qui meurt aux rives du ruisseau.