Odile et Paul   

Odile affiche un sourire
Jusqu’aux oreilles, ce matin.
Elle a enfin envie de rire
Pour quelque chose d’anodin
Son père lui a offert un ordinateur
Elle parle au monde jusqu’à pas d’heure !

Paul la regarde rêveur
Comme tout les matins d’ailleurs
Il a envie de lui demander…
Mais elle ne l’a pas regardé
Comme tous les matins d’ailleurs.

Il a entendu qu’elle a rencontré
Des gens d’une autre contrée
Un allemand, un américain,
Un suédois, un mexicain.
Tout ça grâce à un truc pas net
Oui…Internet !

Depuis des années, Paul est son voisin
Non, non, il n’est pas nain,
Il n’est pas non plus transparent
Il est même beau et intelligent.
Avec sa douce naïveté
Il reste coi devant sa beauté !
Mais Odile préfère parler au monde,
Se connecter sur de nouvelles ondes
Sans commencer par ceux qui sont tout près
Et qui pour elle, sont prêts.

Mais ce matin, Odile a glissé,
Elle a déchiré sa jupe plissée
Elle a mal, elle grimace
Elle attend qu’on la ramasse.
Là, elle regarde Paul suppliante.

Mais Paul, ne la regarde plus,
Et a décidé de ne plus la regarder.
Il s’est acheté un ordinateur
Pour rencontrer tout à l’heure
Une allemande, une américaine,
Une mexicaine ou une africaine.

Odile veut crier son nom
Mais elle ne l’a jamais connu
Elle est seule sur le pallier
Et elle réfléchit