Les ruines

Je crache ma vie sans rancœur, sans refrain
Sursaut de chaleur, je pose un sceau sur mon destin
Oublie-moi, grand garde-fou, et souviens-toi
Empereur de tous mes désirs, je ne suis pas même petit roi

Antienne, Ô tu résonnais dans chacun de mes pas
Adrienne, Ô ta raison ne m’atteignais même pas
Soupir de tendresse ou expiration de joie
Senteurs de paresse, j’ai peur et mon âme a froid

Du sang gris est là parterre
La sangria, elle, est dans mon verre
J’expulse mes haines au ciel
Qui, ô ciel, ne m’entendra pas

J’erre sans misère, sans succès et sans émoi

Je jure avec violence sur l’humanité toute entière
Je jongle avec des cœurs tout écrasés de lumière
Je joue ma vie, toujours devant, toujours derrière
Je me jette au sol, solitaire d’un monde qui a oublié sa civ

Je me meurs

La terre me boit, la pierre me noie
Une tâche de sang rouge fleurit sur mes paupières
Adieu mes amis, la cime verte des marbres sera mon cimetière