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Philippe JOUVERT

Mes comptemplations

Au bord d’un doux rivage, empreint de solitude
Je laisse vagabonder mon âme endolorie
Assis, contemplatif devant tant de quiétude,
Je confie les tourments de ma mémoire meurtrie .

Coulez torrents, chantez, vous me ravissez l’âme
Ecoutez ma prière, car là bas une femme
Doux objet de mon cœur a fait mon désespoir
En désertant mon lit, en refusant d’y croire.

Souffle et chante le vent au fond de ma mémoire
Mes pensées resurgissent comme un très vieux grimoire
Le roseau plie et se tord aux assauts du vent
Il gémira ainsi jusqu’au soleil levant.

Ma peine est dure, et si cruel est son accent
J’ai des visions terribles et des rêves incessants
S’étire le fil de l’eau, et mouille le rivage
Comme un vieux matelot qui monte à l’abordage .

Sur la berge sablonneuse où ma hantise est grande
Je vois monter en moi d’étranges sarabandes
Et comme les oiseaux caquetant sur les branches
S’adonnent à leurs jeux, j’essuie cette avalanche

Chardonnerets, moineaux, ou bien, merles chanteurs
Il en vient de partout, et leur cris enchanteurs
Apaisent ma douleur, et tarissent mes larmes
Ils suppléent à ma peine et sans honte me désarment

Alors que je voudrais retenir mes souffrances
Et puis penser encor, j’entends leurs chants immenses
Des bribes musicales sur les arbres qui voltigent
Ce sont les derniers signes d’un ultime vertige

Déjà mon amertume est moins grande vraiment
Et la peine profonde, la peine de l’amant
Décroît dedans mon cœur polie comme un galet
Déjà je n’ai plus d’yeux que pour ce seul ballet.

Sur la berge sablonneuse où s’estompe ma peine
Mes pensées vagabondent par delà cette chaîne
Où s’amarrait mon âme ; par delà cet amour
Qui brisa mes défenses jusqu’à me rendre sourd.


Le jour crépusculaire étale rougeoyant
La gamme chaleureuse de sa vaste palette
Le rivière devient pourpre, les arbres chatoyant
Lèchent l’onde rubis soudainement distraite

J’ai retenu mes larmes ; merci dame nature
Généreuse confidente, méritoire sépulture
De nos chagrins d’amour, de nos pires défaites
Merci pour vos réponses, cette harmonie parfaite
Qui s’insinue partout et jusque dans mon cœur
Cette force tranquille qui témoigne du bonheur
D’exister simplement, de respirer la vie
D’afficher quelquefois un visage ravi
Par delà les blessures qui jalonnent l’existence.