Ton fleuve caché

(Chronique de ZUP - histoire de ZEP)

Madame, madame,
Pardonne-moi si j't'importune...
Nous étions en 81,
Une tête rousse aux grands yeux verts -
Tu étais bottée de santiags ;
Henri Baumont, notre bahut,
Dans cette enceinte républicaine,
Un groupe de gosses en 5e 4.
Retenons-nous de rire dans le petit matin...
Dame Bourdon aimait Lalanne,
Gouache et musique enchevêtrées.
Madame Renard dans son ASCA
Allait te prêter son théâtre ;
Chronique de ZUP - histoire de ZEP,
Un PAE est né.
La Môme Néant, elle existait (!)
Françoise Longeard, Didier Malaize, venus d'Amiens
De leur Théâtre 80 nous ont appris
Le jeu d'acteur sous les lumières ; côté cour ou
Côté jardin, la foule vous souriait
Derrière les masques blancs.
Gontran, étais-tu là ?
Jacotte a habillé la scène de tours et de nuages ;
Professeur Tournesol déambulait en prose...
En couples, les Dupont te tiraient leurs chapeaux (!)
"Papa Tardieu" a dû s'amuser dans la salle -
Au milieu des acteurs, tu étais là,
Au premier rang.
Des pas, des pas, et des nuages...
J'ai maintenant trente cinq ans,
Mais n'ai pas oublié. Si les clichés jaunissent,
Mon coeur est bien ancré. J'ai piqué tes santiags,
Et accompli mon rêve - du haut de ma latitude
Shetlandaise, la môme Deschamps
A bien grandi.
La Vie n'est plus un fleuve caché.

A Marie-Louise Debourle, "My Merlin",
Professeur de Lettres Modernes au C.E.S Henri Baumont,
Beauvais (France) entre 1981 et 1982,
Avec tout mon respect et affection.

Sandwick, Shetland, janvier 2004.