Bouée Orange

Pendant que le monde divague,
Mes pieds effleurent le sable blanc
Entre l'écume d'un rêve clair,
D'un univers désaccordé
Et de la bonté du vent.
Je passe mon temps à relire tes désirs
Entelacés dans nos sourires;
Ces moments si secrets,
Dissimulés dans le kelp en paquets,
Laissés à l'humeur de la vague -
Au loin, la tendresse océanne
Laisse dériver mon âme.

Personne ne nous a prévenus
Que les coquillages égarés s'échouent
La nuit sur cette plage;
Que la rengaine des rouleaux ramène
Toujours sur le rivage
Des brides d'amour embouteillé -
Toute notre histoire dans son sillage,
Aux mains des embruns délavés.
J'entends la mer s'envenimer;
Echos de colère océane,
(Toute note fougue, telle une voile,
S'est déchirée)
Le bleu du ciel, éblouissant,
Les grains de sable dans tes cheveux.
La pluie s'abat, sournoise, sans larme, comme
Des lames, crève-coeurs tranchants.

Mirage ou malice du temps,
Je te retrouve entre deux dunes;
Nos silhouettes, pâles, étendues, mélangées
A jamais dans la chaleur du sable -
Tes yeux de nacre, pétillants,
Fixe mon coeur,
Cette fleur sauvage,
Comme pour me dire,
"Je t'aime d'amour, toujours
Autant."

Sandwick, 13 juin 2005