Mourir en ville (ballade)


Quand triomphante la Camarde
Usera du dernier tourment
Pour briser mon coeur qui musarde
Ebahi sous le firmament ;
Lorsqu'au nord, immuablement,
L'infiniment grand se profile,
Si l'heure était au châtiment,
Je ne veux pas mourir en ville.

Je me souviens d'une mansarde
Où s'épanchait avidement
Ma jeunesse tendre et bavarde
Dans les bras du premier amant !
J’y cours, en rêve, éperdument
Quand en mois le passé défile,
Mais sans amour, assurément,
Je ne veux pas mourir en ville.

Entendre glapir la renarde,
M'emplir du moindre craquement,
Voir dame Lune cabocharde
Paraître au ciel ludiquement ...
Afin, de la Terre, ardemment,
Jusqu'au bout du temps qui s'effile
Deviner encor le ferment
Je ne veux pas mourir en ville.

ENVOI

Vous tous ! m'oyez donc instamment
Si l'aube ultime se faufile,
Ce poème est mon testament :
Je ne veux pas mourir en ville.