Les jardins de l'enfance (sonnet)



L’enfance, au moindre appel, me rouvre ses jardins ;
Sur chacun de mes sens toute chose est caresse
Epousant les échos des psaumes de grand-messe
Témoins d’un âge heureux les dimanches matins.

Le bonheur rejaillit de gestes anodins
Dont l’éthique enseignait la fragile noblesse,
Héritage de foi qu’un jour l’âme transgresse
Conquise par l’amour aux attraits clandestins.

Mon coeur fragilisé, ce soir encor s’envole
Vers ce qui, révolu, conduit la farandole
Des visages sans fard de mes jeunes printemps.

Dans un regain de vie en cette étreinte brève,
Banals ou capiteux, parfums de tous instants
Je me souviens de vous comme d’un joli rêve !