Les fleurs du temps (ballade)

La fleur, reste à travers les âges
L'objet de rêves les plus beaux,
D'élans d'amour aux maints langages
Transmis d'étreintes en berceaux ;
Près de légendaires châteaux
De fontaines abandonnées,
On dit que naissent des ruisseaux
Dans le coeur des roses fanées.


Pourquoi, l'Homme, au sein des orages
A-t-il décimé ses troupeaux,
Ensanglantant les pâturages
Où se répondaient les pipeaux ?
Ses fils égorgent les oiseaux,
Et sur les tombes profanées
Piquent le fer de leurs couteaux
Dans le coeur des roses fanées.

De quatre sous d'oeillets sauvages
Sur une tresse de roseaux,
Les orphelins de nos villages
Fleurissent robes et chapeaux ;
Tandis que le long des coteaux
Vont les cortèges d'hyménées,
Résonnent les noms des bourreaux
Dans le coeur des roses fanées.

ENVOI

Braves d'hier, forts d'idéaux !
Sanctifiant vos destinées
Votre âme anime les tombeaux
Dans le coeur des roses fanées.