Je t'aime, adieu

Je t'aime sans t'aimer
Plus je te vois t'en aller
Et plus je t'aime, révoltée.
Je t'aime à travers la distance
Je t'aime à travers mes silences,
A travers les fantômes qui me hantent,
A travers tes sourires qui me mentent.
Je t'aime comme une âme en peine
Je t'aime aussi fort que la haine,
Aussi fort que la colère qui me consume
Aussi fort que cette rage qui m'écume.
Je te hais sans te haïr, je t'aime d'amour
Je voudrais te maudire, je t'aime toujours.
Je t'aime dans ma chair, dans mon âme
Âme que j'ai vendue au démon de ton charme.
Je suis prisonnière, déchue et sans arme
Mon cœur gît, galvaudé par des larmes.
Mes nerfs valsent, frisant l'anévrisme net
Quand je te vois si loin et pourtant si près.
J'aime cette douce souffrance,
Cette douleur sans clémence
Qui commande à ma vie,
Me traînant ça et là
Sans pitié dans ton lit
Sans se soucier jamais
Des battements de mon cœur,
Et sans un seul regret,
Le regardant qui se meurt.
Je te hais sans te haïr, je t'aime d'amour
Je voudrais te maudire, je t'aime toujours.
Tu m'aimes, tu le dis dans mes jupons
Et cet allemand dont tu oublies le nom
T'emporte l'instant d'après trop volontiers
Et tu ne sais plus comment m'aimer.
Mais mon cœur déjà vaincu,
De te chercher aveuglement, continue
Il ne sait plus que t'aimer
Plus il te voit t'en aller,
Plus il t'aime, révolté.
Il te hait sans te haïr
Car il t'aime d'amour
Il ne peut te maudire,
Car il t'aimera toujours.