Prière à une bafouée

Déjà la mort en ses prémices l’accueillait
Et tendait ses longs bras vers ceux de l’alitée,
Qui tout bas suppliait, implorait la clémence
Du grand Thanatos, de sa funèbre danse.

La douleur encore se faisait plus pressante,
S’insinuait, se glissait, perfide et poignante,
Tandis que l’Eternelle Morphée se riait
De voir la blessée se débattre, murmurer…

Un bâillon sur la bouche, les pieds et poings liés,
On s’avance en ton nom, t’appelle, Liberté !
Ils se sont sacrifiés, et éteints pour ta vie !
Que leur mort ne soit pas vaine, je t’en supplie !

Douce amie, pour ceux qui reprendront le combat,
Ceux qui ne t’ont pas vue, pris trop tôt par le trépas,
Qui ont en chaque lieu cherché la vérité,
Pour chacun d’entre eux, relève-toi Liberté !