Attente de sa vie, ou magie des sens.
Des coeurs, ensanglantés.
Attendre,
Avec l'espoir faible mais persistant,
Qu'un jour en se retournant,
Ils verront la porte s'entrebailler.
Alors seulement ils cesseront de saigner.
Attendre.
Avec espoir, impatiemment,
D'entendre le son d'une voix,
Doux et vivant, bouleversant,
Car le coeur n'a qu'une foi.
Attendre.
Avec espoir, fébrilement,
Le retour d'une effluve, d'un parfum
Qui manque depuis déjà trop longtemps,
Qui renierai la Fin.
Attendre.
Avec espoir, passionnément
De reconnaître une peau sous ses doigts
Une douceur apprivoisée depuis longtemps déjà
Et qui raviverait les sens, brutalement.
Attendre.
Avec espoir, nerveusement.
Le goût d'une vie, d'une présence,
La saveur de vivre à ses côtés en pleurant, riant,
Naturellement, et voir revenir l'insouciance.
Attendre.
Car ressentir ne suffit plus,
Car ils ne vivent plus,
Mais font semblant
Résolumment.
A Ma, comme toute ma vie.


