Envol d’outre-flamme

Sous les cendres mouvantes d’époques révolues,
Dans la poussière d’un monde plus vieux qu’il ne s’est cru,
Reluisait une plume chamarrée de couleurs
Issues des longues flammes dévorantes des heures.

En litanies les âges expiraient tour à tour
Leurs étranges murmures, et leurs espoirs secrets,
Le long d’un fin plumage, d’un souffle sans retour,
Leur regard déclinant, et leurs secrets brisés.

Se peignait sous une aile la splendeur de moments
A venir et mourant dans les replis du Temps.
En les bras d’une mère ou lueur d’une lame,
Se contemplait égal le destin de mille âmes.

Du battement d’un cœur renaissaient tous les rêves,
Qui portés sous un œil par des vaisseaux d’argent,
S’étiolaient enflammés en de rougeurs si brèves
Que vain semblait l’aurore aux teintes de diamant.

Triomphant résonnait un passé non-connu
Dans un écho sans fin niant l’absurdité
Du néant et du rien, du faux et puis du vrai,
Brisant les profondeurs d’un monde trop vécu.

Et sous les marteaux noirs des forges aveuglées,
Familiers des Titans et des limbes glacés,
Se leva l’ombre blanche d’un oiseau de couleur,
Qui mourant à la mort embrassa les hauteurs.

Et depuis l’outre-flamme, les sables se figèrent,
Oublieux de leur chute se nimbant de lumière,
Pour épouser enfin les danses éternelles
D'un jour sans lendemain aux allures immortelles.