Echo dans la pénombre

Ombre errante de pierre, ô triste prisonnière,
A l’ombre des remparts rabattus par le temps,
Je sombre en ton regard emmuré en sachant
Que nombre sont perdus sous ton manteau de lierre.
Ô triste prisonnière abattue et pourtant…

Alentour nul ne vit dans ton halo de glace,
Qu’au détour d’un chemin encore une rivière,
Aux atours si lointains coule en une eau si claire
Autour de tes pieds nus. Mais je vis dans les nasses
De ton halo de glac’ coulante une eau si claire.

En feuillet ruisselant, embrumé de prières,
Au seuil des hauts jardins d’un conte inachevé,
Ce recueil incertain sur tes propres pensées
M’endeuille en m’appelant par-delà des lisières
De brume ayant pris l’air d’un conte à ton chevet :

Ce pétale noirci aux épines amères,
Où s’étale éperdu’ l’oréade si seule,
Dans les vallées perdues soupirant au linceul
D’une étoile de neig’… Mais la fine lumière
Aux éclipses amèr’ ôtera ton linceul.