Sous l’emprise d’une femme.


Depuis quelque temps, j’aime une femme.
Une femme qui n’est jamais la même.
Elle est tantôt angélique tantôt infâme.
Moi, je suis entre félicité et anathème.
Je ne sais s’il est raisonnable de me bercer ;
Je ne sais s’il est préférable de renoncer,
Mais je suis obnubilé par cette volcanique créature
Coupable souvent des pires forfaitures,
Mais qui trouve toujours une solution
Pour me faire aller jusqu’à l’absolution.
J’attends toujours que cette satanée diablesse
Daigne m’ouvrir enfin, ne serait-ce que les bras.
Maintes fois j’ai cru jouir de la chaleur de ses appas,
Et maintes fois elle a trouvé l’attitude ou le mot qui bless
Si vous saviez comme elle est cruelle dans ses propos ;
Comme elle est cruelle dans ses multiples décisions ;
Comme elle est prompte à faire montre de dérision . . .
Parfois, quand je l’oublie, c’est un peu de repos.
Néanmoins et inévitablement, je retombe dans son piège
Avec cette irrésistible envie de la posséder qui m’assiège,
Parce que c’est une femme aux généreuses rondeurs ;
Des rondeurs condamnées à rendre fous tous les rôdeurs.
Quant à sa peau, elle est d’une blancheur immaculée.
Quand on la regarde, on demeure l’admiration inarticulée,
Parce que c’est une femme aux merveilleux yeux verts.
Des yeux malheureusement trop sévères
Chaque fois qu’ils me dévisagent longuement
Pour mieux me plonger dans mes tourments.
C’est une femme à la jolie bouche couleur cerise.
Une bouche hélas capable d’irrémissibles sottises.
Si elle voulait . . . Ah ! Si elle voulait . . .
Je lui prouverais que l’amour ce n’est pas laid !
Le soir, lorsque nous serions enfin couchés
Je serais heureux rien qu’à son toucher.
Je serais heureux de sentir sa tête rêveuse
S’appesantir contre ma poitrine velue.
Je serais heureux de savoir sa joue paresseuse
Collée à mon torse nu, dans un calme absolu.
Puis, quand elle se serait donnée à Morphée,
Je m’interdirais absolument de fermer l’œil.
Je serais victorieux et respirant l’orgueil,
Trop heureux de posséder un tel trophée.
Je la regarderais dormir pour partager ses rêves.
Je resterais ébahi pour ne pas troubler son sommeil.
Et, quand elle aurait bien dormi tandis que la nuit s’achève
Quand elle ouvrirait ses yeux, je verrais se lever le soleil
Pour moi, ce serait le bonheur à chacun de ses réveils.
Je resterais abasourdi et ébloui par sa grande beauté.
Je resterais longtemps en extase devant sa vénusté,
Sous la magie de son sourire sans nul autre pareil.