Quand elles vieillissent.

Je ne suis plus jolie ;
Je ne suis plus pimpante ;
Et je n’inspire plus aucune folie ;
Alors tu me plantes
Comme une vieille chose.
Au temps où j’étais belle,
Tu m’appelais ta mirabelle,
Et ma porte n’était jamais close.
Hélas pour moi,
Les années ont passé,
Et depuis des mois,
Tu t’es surpassé
Dans l’art de me tourmenter.
Je ne suis plus jeunesse,
Et tu ne veux pas l’accepter.
Je ne suis plus joliesse
Et ma beauté s’est effacée ;
Sur mon visage,
Des rides l’ont remplacée.
Alors, pour me punir,
Tu envisages
De partir,
Après ta crise de narcissisme,
Mêlée d’hédonisme.
Arête donc de faire le con
Et retiens bien cette leçon :
L’amour n’est pas un jeu,
Ou alors il faut être deux.
Mais, si tu veux vraiment partir,
Je ne ferai rien
Pour te retenir.
J’irai m’acheter un chien,
Et je fermerai ma porte.
Plus tard, quand je serai morte,
C’est mon petit compagnon
Qui le fera savoir aux voisins.
Eux, ils avertiront les cousins.
Quand dans ma dernière maison,
Je serai enfin installée,
S’il te plait ne vient jamais me voir ;
Tes regrets seront difficiles à concevoir.
D’ailleurs, je ne serai dans aucune allée.