Quand elles sont opprimées.


De femmes enviables
Les voilà femmes châtiables.
Alors elles commencent pleureuses
Et deviennent malheureuses.
Par malheur, dans leur cœur ;
Dans leur pauvre petit cœur,
L’amour a cédé la place à la laideur.
Leurs heures sont emplies de peur.
Peur de mal faire peur de mal dire.
Elles demeurent prisonnières éperdues
De tortionnaires prompts à les maudire.
Elles savent peine perdue
L’espoir d’un peu de gentillesse
Pour changer leur quotidien austère ;
Pour le retour à l’ancienne liesse.
Elles ne sont pas coupables d’adultère
Mais leurs tristes sires de compagnons
Se trouvent toujours une bonne raison
Pour déchaîner les foudres de l’enfer.
C’est un déluge de coups et d’injures
Que leur offre à nouveau les parjures.
Puis, les deux parties ayant assez souffert,
Les bourreaux s’affalent pas loin,
Le souffle court et les yeux hagards.
Les victimes, recroquevillées dans un coin,
Ont encore une fois survécu à la bagarre.
Elles ont le visage tuméfié et ensanglanté.
Elles ont les vêtements déchiquetés.
Alors qu’elles ont besoin de soins,
Elles restent prostrées, avec pour seul recours,
Le ciel qu’elles prennent à témoin
Pour avoir enfin du secours.
Démolies, impuissantes et tête baissée,
Elles gémissent telles des bêtes blessées.
Elles sont dans le plus grand désespoir.
Elles n’ont plus envie de rester au logis.
Elles voudraient tout quitter dés ce soir
Mais, elles ne sont pas seules ; il y a les petits.
Alors, pour épargner leurs gosses,
Et, malgré les bleus, les plaies et les bosses
Elles acceptent leur vie de captives
Et se résignent à rester dans l’expectative.