Quand elles ne peuvent pas.


Ce que tu veux
N’est pas concevable.
Certes, tu es beau et verveux,
Et presque imbuvable.
Mais, s’il te plait, sois gentil,
Et restons en là.
Il y a plein de jeune filles
Qui ne demandent que ça ;
Surtout les moins sages.
Moi, je n’ai plus ton âge,
Et mon bonheur est ailleurs.
J’ai un mari qui me couvre de fleurs,
Une maison à tenir,
Et une famille à protéger.
Si tu veux m’entretenir,
Ne me parle plus de m’allonger.
Parle-moi de tes études ;
De ce que tu feras en vacances . . .
Mais, plus jamais de turpitude.
Ne me dis plus que les fragrances
Laissées sur mon passage,
Sont les meilleures promesses
D’un proche apprentissage
Du fait de mon aînesse.
Ne me parle plus de batifolage.
Ne me parle plus d’ivresse.
Ne me parle plus de forteresse.
Ne me parle plus de dépucelage.
C’est vrai, tu as su m’émouvoir.
C’est vrai, j’aime te voir.
J’avoue la réelle attirance
Que tu exerces sur moi
Dés que je te vois.
J’avoue la grande espérance
Qui naît en moi,
Dés que je te vois.
Si je ne craignais les remontrances,
Je récompenserais ta persévérance.
J’éteindrais le feu qui me dévore.
La fleur carnivore
Que le désert menace
Sera à nouveau irriguée
Après une longue disgrâce,
Et ne sera jamais fatiguée.
Nous . . . Je . . . Non . . .
N’allons pas plus loin, a quoi bon !
Nous serions accusés d’inconséquence.
Comment pourrions nous nous justifier.
Il nous faudrait plus que de l’éloquence.
Je préfère me sacrifier.
Toi, tu devrais me faire taire,
Car nous ne pourrons jamais faire
Ce dont nous rêvons en secret.
J’enterre les nuits torrides
Que tu me promets,
Et je reste sur ce sol aride.
Ne reste pas confus,
Et dis-toi que la grande perdante
C’est moi, ta tante.