Ode au beau ( extrait )


Ecoutez-moi glorifier tous les nichons.
Tous ceux dont je suis avide.
Ceux qui font le bonheur des cornichons.
Ceux dont la peau limpide
Dans un albâtre immaculé,
Laisse mon admiration inarticulée.
Ceux qui sont ronds et pleins comme des melons
Et dont on voit pointer les fiers mamelons.
Ceux qu’on ne peut qu’entrevoir ;
Les pâlichons qu’il faudrait ensoleiller.
Ceux qui servent d’abreuvoirs
Avant de devenir de doux oreillers,
Une fois les bébés repus de lait maternel.
Ceux à l’image du malin,
Et dont le tissu cristallin
N’est hélas pas éternel.
Ceux en forme de poires
Et qui suscitent de fols espoirs,
Malheureusement vite dépités
A cause des sottises débitées.
Ceux qui sont gros et lourds.
Ceux qui sont si beaux, si fragiles,
Et pourtant abandonnés à des balourds,
Ceux qui espèrent mes mains agiles.
Ceux en forme de pastèques
Dont les posters tapissent outrageusement
Tous les murs des vidéothèques.
Ceux vivant dans le châtiment,
Et qui profitent d’un moment de liberté
Pour sortir les soirs d’été,
Lorsque la chaleur devient languissante ;
Alors, en les croisant sous la lune naissante,
On devine à travers un voile léger,
De bien généreuses rondeurs
Que le zéphire, espiègle rôdeur,
Viendra de son souffle alléger,
Offrant à des yeux incrédules et éblouis,
Un spectacle adorable et inouï.
Ceux qui traînent leur ennui,
Et qui attendent la nuit
Pour se défaire de leur carcan en dentelles,
A la lueur des flambeaux ;
Quand ils se retrouvent enfin libres et beaux,
Vient pour eux le temps des caresses immortelles
Sous des mains douces et bienfaitrices,
Tandis que les lèvres se font inspiratrices.
Ceux aux petits galbes,
Et à la couleur pêche
Qui seraient abordables,
Mais que la bienséance empêche
De se donner au premier venu.
Ceux habitués aux camps de nu,
Et qui perdent tout leur attrait.
Ceux en forme d’obus
Et qu’on effleure d’un air distrait.
Ceux qui n’ont souffert aucun abus.
Ceux en forme de grenades
Et dont les tétons pleins d’orgueil
Attendent le client sur le seuil.