Mort, je te hais!

Salope ! . . . Tu ne t’arrêteras donc jamais ?
Et cette jeune fille, que t’avait elle fait ?
Elle était heureuse et on l’aimait.
A cause de ton nouveau méfait,
Son amoureux a perdu sa jolie brune.
Il ne l’aimera plus sous la lune.
Le voilà orphelin de sa douce ingénue.
Depuis que tu as laissé une plaque de verglas
Sur une route pourtant bien connue,
Il est poursuivi par la sonnerie du glas.
Parfois, il en a marre
De ce foutu tintamarre
Et voudrait se persuader
Que sa bien-aimée n’est pas morte ;
Qu’elle est partie en claquant la porte.
Hélas, sa souffrance est là pour l’en dissuader.
Alors, il revoit la mise en bière
Et il se rappelle le cimetière.
Alors, le cœur déchiré et les idées confuses,
Il pleure, jure, tape du poing et accuse.
Voilà ta sale besogne . . . Voilà ta lâcheté !
Que t’importe la douleur . . .
Que t’importent les cœurs en pleurs !
Tu continues avec frénésie et méchanceté
Dans ta moisson sauvage et inexorable.
Je savais tes choix incohérents ;
Je te savais aveugle et impitoyable ;
Je savais que tu nous voudrais déférents,
Mais je ne te pardonnerai jamais
Pour avoir fauché cette fleur nouvelle
Qui avait tant d’années devant elle.
Malheureusement, elle dort désormais
Dans un lit qui restera toujours froid,
Alors que pour dormir, il y a meilleurs endroits.
Ne compte pas sur ma complicité
Pour te trouver moins moche ;
Pour ne te faire aucun reproche. . .
S’il y avait vraiment un bon dieu,
Il ne te laisserait pas faire tes saloperies
Et nos deux amoureux seraient heureux.
Je suis trop furieux pour faire dans la tromperie.
Je ne lui dirai jamais, pour son réconfort
Que sa belle est maintenant un ange !
Je lui dirai que tu lui as pris son trésor
Contre le chagrin et les larmes en échange.