Mon âme est triste.


Mon âme est triste
Parmi la foule hostile
Massée dans le péristyle.
Au milieu, un organiste.
Sa musique bien que jolie
Ne suffit pas à faire oublier
La profonde mélancolie
Qui s’empare de mon sablier.
Les jours, les mois et les années passent
Et invariablement, les démunis trépassent
Dans la complète indifférence des nantis.
Moi, devant ce fait accompli
Ma révolte grandissante m’anéanti
Et ma colère gronde et supplie.
Les jours radieux ne le sont pas pour tous.
Le monde tourne sans mauvaise conscience.
Bien que souvent ébranlé par quelques secousses,
Il ne soupçonne pas sa prochaine déliquescence.
Profitez . . . Profitez du temps qui vous reste
Messieurs les puissants exploiteurs.
Vous ignorez quand sonnera votre heure.
L’horloge a tout son temps pour être funeste.