Mes morts.


Mes morts ne sont plus.
Depuis leur départ,
Je ne les trouve nulle part.
Alors, je ne les aime plus.
Je les adorais pourtant !
Ils étaient mon monde ; ma joie.
Ils étaient ma religion et ma foi.
J’étais heureux dans le temps.
Moi, je suis devenu transparent.
Eux, ils ne sont plus ni mes parents
Ni mes frères ni mes amis.
Ils se sont à jamais endormis
Et leur sommeil me rempli de chagrin.
Sur ce coup, ils n’ont pas été malins.
Ils m’ont laissé les yeux en pleurs
Les jours amers et l’âme endolorie.
Plongé dans la douleur,
Je ne joue ni ne chante ni ne rie.
Poursuivi par mon tourment,
Je n’ai plus aucun discernement.
Pendant mes heures affreuses,
Je maudis la faucheuse
Qui m’a enlevé ceux que j’aime.
Alors je crie, je pleure, je blasphème.
Parfois, sentant la colère tomber,
Je retrouve ma lucidité.
Enfin, je recouvre la paix et le réconfort,
Quand je m’aperçois avec bonheur
Que je les aime encore plus fort
Parce qu’ils sont toujours dans mon cœur.