Mes chers disparus.

Vous qui fûtes les témoins de mes premiers pas,
Où êtes-vous partis depuis tout ce temps ?
J’ai beau vous chercher, je ne vous trouve pas.
Ce mois-ci, l’automne a succédé au printemps
Et les arbres ont perdu toutes leurs feuilles.
Ils font peine à voir sans leur ramure.
Moi, je suis comme eux, nu et sans armure,
Espérant en vain, faire mon deuil
De toutes ces années heureuses perdues.
Lorsque les heures me voient exaspéré ;
Lorsque j’ai le cœur trop désespéré,
Je n’ai plus assez de larmes éperdues
Pour trouver un semblant de soulagement
Tandis que le temps me bouscule
Sans compassion ni ménagement.
Décidément, je frôle le ridicule;
Je suis dérisoire, impuissant et appréhensif,
Lorsqu’en soupirant et en fulminant sans cesse
J’exige une totale rémission à mon adresse
Pour tous ces départs successifs.