Malgré les vers.

Allez, mangez !
Mangez ce corps étranger
Et ne laissez rien subsister
Du cadavre d’aujourd’hui.
Mangez je vous dis
Puisque elle a fini d’exister.
Mangez, et je vous haïrai.
Dévorez cette pauvre dépouille.
Je vous traite de fripouilles
Et jamais ne me tairai
Car elle vivra toujours
Entourée d’amour.
Sa place est dans mon cœur
Et nulle part ailleurs.
Je garderai l’image vivante
De mon adorable tante
Qui m’a quitté avant l’âge.
Je garderai intacte l’image
De cette femme si importante.
Si elle avait été impotente
Sénile ou grabataire,
J’admettrais de la savoir partie.
Alors, je n’accepterai de me taire
Que lorsque je n’aurai plus de répartie.