Maladresse.


Je n’aime plus le mot tendresse
Car il évoque pour moi la tristesse
Dés que le souvenir de ma princesse
Resurgit à grande vitesse.
Je veux parler de ma tante son altesse.
Elle était ma foi et ma déesse.
Elle était mon refuge et ma forteresse.
Elle était mon trésor et toute ma richesse.
Si vous saviez quelle gentillesse
Et quelle douceur et quelle noblesse
L’accompagnaient partout sans cesse . . .
Elle était droiture et sagesse.
Dans sa bouche, pas un mot qui blesse.
Elle ignorait le ridicule des petitesses.
Dans ses dires, pas une bassesse
Car elle tenait toujours ses promesses.
Dans sa voix, pas un mot qui transgresse
Même lorsqu’elle me défendait avec prestesse,
Comme une lionne doublée d’une tigresse.
Si vous saviez avec quelle délicatesse
Elle me prodiguait maintes caresses.
Si vous saviez mon ivresse
Et quelle était ma paresse
Pendant ma prime jeunesse,
Lorsque je profitais des largesses
De mon adorable duchesse
Pendant des heures enchanteresses
Quand elle passait ses mains avec justesse
Et sur mon cuir chevelu et dans mes tresses.

Hélas, les ans qui passent amenant la vieillesse,
Mon adorée est partie pour une autre adresse ;
Victime de la faucheuse prodigue en scélératesses.
Depuis, je ne connais plus l’allégresse.
Dés lors, je tiens ma tante pour traîtresse
Et je ne lui pardonnerai jamais sa maladresse
Puisque son départ m’a plongé dans la détresse.
Désormais, son absence est une indésirable hôtesse.
Le temps ne connaissant pas de faiblesse,
Je m’attends à de nouvelles prouesses.


Le 5 Janvier 2007.