Les idiots.


Ils vivent hors du temps.
Ils vivent hors de l’espace.
Ils ignorent ce qui les attend.
Leur innocence est leur carapace.
Ils paraissent déroutants
Dans leurs manières.
Ils paraissent hésitants
Dans leurs cafetières.
Ils paraissent confus
Dans leurs raisonnements.
Ils semblent capables de raffut
Dans leurs égarements,
Mais Ils ne sont pas dangereux.
Ce sont de doux funambules
Eperdument seuls dans leur bulle.
Ils sont seuls et heureux.
Alors, il ne faut pas les réveiller.
Il ne faut pas les surveiller . . .
Autour d’eux, la déraison gronde.
Laissons ces doux rêveurs,
Vivre dans leur monde
A l’abri de nos haines et de nos fureurs.
Pourvu qu’ils demeurent confiants.
Pourvu qu’ils demeurent insignifiants.
Souvent, lorsque je me sens accablé,
Je voudrais leur ressembler.
Qu’il serait bon de me sentir loin
De tout ce qui me ferait envie ;
De tous ces inutiles grands besoins
Qui me pourrissent la vie.

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Le 12 Décembre 2006.