Les amants.

Nous savons bien que jamais,
Jamais tu ne seras mienne,
Mais écoute cette légende ancienne
De ces deux amants célèbres désormais.
Après s’être aimés un dernier soir,
Ils se sont immolés par désespoir
Au pied de l’autel sacrificiel
Pour fuir les règles conventionnelles.
Depuis, ils sont unis dans l’éternité
De leur pauvre amour discrédité.
Depuis, ils ne sont plus torturés.
Ceux qui les ont poussés à cette extrémité
Ne se sentent aucune responsabilité,
Mais se réjouissent de cette fin prématurée.
Ils se complaisent dans leur bêtise.
Ils se satisfont de leur méchanceté
En attendant de devenir la hantise
Des amoureux dans la clandestinité.
Nous, depuis que nous nous aimons
Nous avons souvent été éprouvés
Mais nous avons toujours su préserver
Et cimenter ce que nous nommons
Notre part du gâteau d’amour.
Même si nous demeurerons un couple illégal,
Cela nous est complètement égal
Puisque nous nous aimons tendrement
De plus en plus chaque jour,
Envers et contre tous les éléments.
Nous poursuivrons donc notre liaison
Quitte à la garder secrète.
Quitte à nous aimer en cachette.
Quitte à ne pas avoir de maison.
Il est vrai que parfois je tremble
A l’idée de ne plus être ensemble.
Je t’aime tellement. . . Tellement !
Viens donc dans mes bras !
Ton absence est mon seul tourment.
Je ne peux me passer de tes appas.
J’ai toujours besoin de toi,
Des tes rires et de tes cris.
De ton souffle et de ta voix.
De tes discours et de tes récits.
De ta peau et de ton odeur.
De tes étreintes et de ta chaleur.
De ta délicatesse et de tes égards.
De ton dévouement et de ta sincérité.
De tes yeux et de ton regard.
De ton sourire et de ta beauté.