La grande âme.


Quand je repense à ma chère tante,
J’ai le cœur lourd et la tête hésitante.
Alors j’envie toutes les pierres
Qui bordent le lit des rivières
Et je maudis le temps assassin
Qui foule les corps des fantassins.
Meurtri, j’envie les chevaux au galop
Dans le crépuscule de ma déchirure
Tandis que des rêveries impures
Cavalent dans un troublant chaos.
Et je m’embrouille dans mon dilemme ;
J’hésite entre acceptation et anathème.
Quand je repense à ma chère tante
Dont l’absence est exaspérante,
Je me sens à nouveau orphelin
Et mon cœur saigne de chagrin
Car je n’aurai plus cette quiétude
Quand je posais ma tête sur ses genoux.
Comme elle était douce cette habitude. . .
Sa main se promenant sur ma joue
Me faisait m’endormir heureux ;
J’étais bien auprès de mon adorée.
A l’époque, le temps s’étirait langoureux.
Je n’avais aucune raison de l’abhorrer.
Depuis, ma tante m’a quitté un printemps
Et je ne le pardonnerai jamais au temps ;
Son coup de poignard demeure récent
Et il s’écoule dédaigneux et indécent.


Le 28 Juillet 2006