Kidnapper.


Cher messager,
Toi qui aime voltiger . . .
Laisse-toi diriger
Par les ailes du vent léger
Et va parler à ce bel étranger
Qui avait osé me dévisager.
Va parler à celui qui a su me louanger
Avec des mots du plus beau verger.
Dis-lui de ne plus me déranger.
Dis-lui que je crains sans méjuger,
D’être l’objet d’un engouement passager.
Ce garçon espérait pouvoir proroger,
Mais, moi, loin de l’encourager,
Je ne veux aucune rumeur propager.
Je ne veux aucun bonheur envisager
Avec ce jeune et brave berger.
Dans ses façons, je ne veux rien corriger.
De ses biens, je ne veux rien exiger.
La nuit, je m’empêche de songer.
Je ne veux pas de ces rêves mensongers
Qui feraient à tort, présager
D’une rencontre sans danger.
Le matin, à chaque lever,
Je me doute que ma vie va changer.
Je pense à mes habitudes qui vont bouger.
J’imagine ce que nous aurons à partager.
Je réfléchis à tout ce qui nous ferait diverger
Et j’en oublie le boire et le manger.
Je ne sais comment me protéger.
Aucune perspective pour me soulager.
Parfois je voudrai avoir la force d’aimer.
Je voudrai pour une fois, cesser de sublimer
Celui que j’attends et qui saura m’enflammer.
Hélas, en amour on ne peut pas programmer.
Un jour, une jeune fille sort se promener.
Elle entend les oiseaux chanter ;
Elle voit les fleurs bourgeonner ;
Les abeilles et les papillons voleter,
Quand soudain, son cœur semble s’arrêter.
En face, un inconnu entrain de la kiffer.
Malgré la surprise, elle veut s’engager,
Et ses joues se mettent à chauffer.
C’est lui qui va la protéger.
Il est beau et ne cesse de l’affriander.
Mais, qu’est-ce qu’il attend pour l’aborder ?
Avant d’aller ensemble musarder,
Elle a envie de s’asseoir pour bavarder.
Alors, elle regarde où ils pourraient siéger ;
Ainsi, avec ses jolis yeux, elle saura le piéger.
Tandis que ses idées se mettent à galoper,
Elle imagine ce beau gosse, la rattraper ;
L’étreindre et tendrement la cajoler,
Si sa pudeur la poussait soudain à s’esquiver,
Ou si elle ne sait quel instinct l’obligeait à se sauver.
Dans sa rêverie, elle entend l’amour l’appeler. . .
C’est ainsi que je voudrais rencontrer
Celui qui saura me capturer.