Désolation.


L’été est mort !
En vain, je l’ai retenu
Parce que j’en voulais encore.
M’est avis qu’il ne reviendra plus . . .
Reste alors, le temps de la haine.
Le temps des vieilles querelles
Et celui des lourdes chaînes.
Face à cette misérable aquarelle,
Mon esprit est confus
Et mon cœur devient refus.
Alors, le soleil se met noir
Et les jours sont désespoir.
Les nuits traînent des cauchemars
Ou se mêlent angoisse et tintamarre . . .
Partout, c’est la désolation.
Nulle place pour la consolation.
Dans les campagnes, sur les champs
Les blés ont cessé d’onduler,
Leurs vagues ayant été fauchées . . .
Les oiseaux, orphelins de leur chant,
Ne sont plus multicolores
Car leurs plumes ne brillent plus.
Tels des princes déchus,
Ils font peine à qui déplore
Ce qu’ils sont devenus.
Rabougris, immobiles et perclus,
Ils semblent toujours à l’affût
Dans des arbres anciennement touffus ;
En fait, ce ne sont que des ombres muettes
Perchés au dessus de la petite rivière
Qui coulait gracieuse et fluette
En chantant lors des pique-niques.
Perdue à jamais la douce musique.
Quant aux fleurs,
Elles inspirent la douleur.
Leurs couleurs blessure
Ont un parfum déchirure.
Décidément, y en marre !
Trop le cafard !
Rester ou partir ailleurs ?
Et, où trouver meilleur. . .


Le 22 Février 2006.