Candide.

A une époque, suite à une éducation rigide,
J’étais jeune et bien sûr, candide.
Des scélérates m’avaient mis la bride
Et donné pour logis, une cahute sordide
Où le cours de ma vie devint morbide,
Entouré de maîtresses nullement frigides
Et aux étreintes par trop souvent perfides
Avec des caresses on ne peut plus intrépides.
Elles étaient insatiables avec leurs sexes avides;
Leurs bras qui avaient horreur du vide;
Leurs yeux facilement humides;
Leurs regards dont le feu intimide;
Leurs bouches sublimes mais liberticides;
Leurs jeux excessivement torrides.
Un jour où je me sentis devenir liquide,
Toutes ces maîtresses nullement tabides
Commencèrent à prendre crainte que je n’invalide
Notre pacte exclusif et ô combien stupide.
Le jour d’après, je me réveillais livide,
Ne ressentant plus ce fluide
Dont j’étais tellement cupide
Qu’il me menait droit au suicide.
Redevenu enfin lucide,
Je décidais donc de faire le vide.
Marre de demeurer languide;
Marre de cet univers insipide;
Marre de cette communauté d’androïdes.
Donc, il fallait que je me décide
Pour en finir avec ces liaisons qui dilapident;
Pour me défaire des relents fétides.

Ayant échappé au logis où le stupre réside,
J’aspire désormais à une vie impavide,
Et j’ai envie de rencontrer quelqu’un de solide ;
Une de ces rares beautés loin d’être turpides,
Pour en faire mon nouveau et véritable guide.
Je l’emmènerai vivre dans une bastide
Avec le ciel bleu pour céleste égide,
Car là où le soleil et l’air pur président ;
Là où les oiseaux et les arbres en fleurs consolident,
Douceur, sérénité et amour coïncident
Avec mes habitudes d’ores et déjà limpides.
A moi la renaissance dans un cadre splendide.