Avec l'âge


Avec l’âge,
Il y a des souvenirs
Qu’il serait sage
De ne jamais faire revenir.
Cela sert à quoi de se leurrer !
Cela sert à quoi de se faire pleurer. . .
Raviver la certitude que c’est fini ?
Apaiser les plus fols désirs ?
Pourquoi continuer à se punir
Quand on est démuni ?
La mémoire est un trésor
Regardant en réconfort.
Pourquoi regretter sa jeunesse !
Pourquoi appréhender la vieillesse !
L’une est à jamais perdue ;
L’autre ne nous perd pas de vue !
De temps en temps et à maintes fois
On a envie de regarder derrière soi
Pour se rappeler le bon temps
Quand on était jeune et beau.
Mais, est-ce vraiment important
Quand on a le cœur en lambeaux ?
Alors, pour ne pas tout confondre,
Inutile de se morfondre
Dans sa nostalgie.
Face à la généalogie,
Inutile de se compromettre
Avec des soupirs fréquents.
Il est des silences plus éloquents
Quand on veut bien admettre
La fuite inexorable du temps.
La maladie la plus grave
C’est quand on veut rester esclave
De son insatiable soif de printemps.
Le temps fait tant de ravages
En écrasant tout sur son passage,
Qu’il ne sert à rien de vouloir le retenir.
De toutes façons, on savait à quoi s’en tenir . . .


Le 14 Mai 2006.