Amertume.


Chère tante, j’ai tant de peine et tant d’amertume...
Ce poème n’est pas un hommage posthume;
C’est l’expression de la douleur qui me consume.
Souvent... Lorsque ma brûlure se rallume,
J’enrage, je blasphème, je pleure et j’écume
Et ne trouve de refuge que dans le bitume.
Par tout temps; au grand soleil ou dans la brume,
Faisant fi d’une insolation ou d’un probable rhume,
Je traîne sous le poids d’une énorme enclume.
Ton absence est trop grande de par son volume.
De ce fait, je ressemble à un véritable légume.
Parfois... Je voudrais que l’on t’exhume...
Alors d’aucuns voudraient que j’assume;
Que je me ressaisisse et que je m’accoutume.
Le plus douloureux quand je me résume
C’est la vision de l’instant où l’on t’inhume
A même la terre dans ton simple costume
Comme le veut une archaïque coutume.
Comme tu as dû avoir froid, je présume.
Onze ans, c’est le peu d’années que nous eûmes.
Heureusement, aimants et comblés, nous le fûmes.


Le 5 Avril2007.